DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

dimanche 16 août 2009

dicton

Nzoku alembaka mpembe ya ye te.
  L'éléphant ne se fatigue pas de ses defences.

Conte d'esprits

Une jeune fille était allée enlever son manioc. En arrivant près de l'étang, elle entendit
une voix lui dire :
- Ne rouis pas le manioc a l'étang !
Elle n'y prêta pas attention. Les génies reprirent :
- Tu n'entends donc pas ?
Alors ils se saisirent d'elle et la portèrent en amont de la rivière.
Son père et sa mère se lamentèrent en disant :
- Ou donc notre enfant est-elle partie ?
Les uns dirent :
- Allons la chercher ou elle est sans doute allée, dans son champ de manioc. Dans ce cas,
dirent les autres, allons voir.
Ils allèrent mais ne virent rien. Trois mois passèrent pendant lesquels la mère pleura la
perte de sa fille.
Un jour tous les enfants se réunirent pour aller a l'eau.
La mère dit a la cadette :
- Prends ce vase, va me puiser de l'eau potable.
L'on se rendit a la rivière. L'eau puisée, chacun repartit en emportant son récipient.
La fillette leur cria :
- Mes amis, aidez-moi donc a sortir !
Tous refusèrent.
- Porte ton récipient toi-même !
Et alors , elle se mit a pleurer.
- Ha, si mon ainée vivait encore, elle m'aiderait a sortir de l'eau !
Soudain elle entendit un clapotis en amont de la rivière.
Une voix lui souffla :
- Qu'attends-tu ?
- Je suis ici toute seule ! répondit la fillette, mes compagnons sont partis. J'ai amène
une chose très lourde, et personne pour m'aider a la sortir de l'eau.
 C'était son ainée avec des génies.Ils la tirèrent de l'eau, puis ils lui dirent :
- Ne vas raconter a personne, que tu as rencontrer ton ainée a l'eau.
- Je ne dirai rien bien sur, non !
- Bien va-t-en !
Mais en disant ces mots, ils la barbouillèrent de rouge. Puis ils lui dirent :
- En arrivant chez ta mère, si elle te demande d'où vient ce rouge, tu lui diras :"je
l'ai trouve".
- Qui t'a donne cette couleur rouge ? dit la mère en la voyant arriver.
- C'est moi-même qui l'ai prise.
- Tu mens ! quelqu'un te la donnée !
- Tais-toi mère ! je te le dirai plus tard.
A quelques temps de la, les enfants se réunirent encore pour se rendre a la rivière.
- Prends cette cruche ! dit la mère.
- Si j'y vais, je ne pourrai pas la ramener. Alors, je pleurerai, moi, ton enfant.
- Tes compagnons t'aideront !
- Si je leur demande de m'aider, ils refuseront.
La fillette dut obéir, elle accompagna les enfants, et quand ceux-ci eurent puise de l'eau,
ils remontèrent sans elle.
- Attendez donc, cria-t-elle, ne suis-je pas votre compagne ?
- Notre compagne ! nous as-tu aide a sortir ?
- Que racontes-tu la ? Si tu es petite, pourquoi te charger d'une si grande cruche ?
- Mais c'est ma mère qui, comme toujours, m'a commande de la prendre. Je ne voulais pas,
mais elle ne voulait rien entendre.
- Eh bien ! apporte-la ! ricanèrent les autres, et sur ce ils partirent, la laissant seule.
Elle se mit a pleurer.
- Si j'étais avec mon ainée, elle m'aiderait a sortir !
Soudain, elle entendit un clapotis dans l'eau. Une voix murmura :
- Toujours toi ! Que viens-tu faire a l'eau ?
- J'étais avec eux, ils sont forts, mais quand je leur ai demande de m'aider, ils ont refuse.
Son ainée, cette fois était seule, elle lui dit :
- Reste-la, je vais t'aider a sortir.
  Arrivée près de sa sœur, elle ajouta :
- L'autre jour, en retournant chez père et mère, leur as-tu raconte quelque chose ?
- Je ne leur ai rien raconte, répondit la cadette, mais il m'ont questionne avec insistance.
Ils voulaient savoir ou j'avais été chercher cette couleur rouge. Je leur ai répondu que
je l'avais trouvée. Ma mère m'a accuse de mentir, quelqu'un te l'a donnée.
  L'aînée reprit :
- Tu as bien fait. Quand je t'aurai de nouveau barbouillée de rouge, tu t'en iras. Mais ne
raconte rien !
Quand la petite rentra, sa mère lui dit :
- Mais ou donc vas-tu chercher cette couleur rouge ?
- Je l'ai trouvée.
- Dis-le nous maintenant, qui te l'a donnée ?
Mais elle refusa de répondre et, furieuse, sa mère commença a la battre. L'enfant fini
par tout avouer.
- D'abord, je n'ai rien dit, car j'avais l'ordre de me taire, mais.......c'est mon ainée qui
me l'a donnée.
- C'est ton ainée qui te l'a donnée, mais d'où sort-elle ?
- De la rivière en amont !
- C'est bon, tais-toi. Demain, au lève du jour, j'y enverrai tous les hommes, qu'ils apportent
des fusils et des filets, nous la prendrons au piège.
A l'heure dite, tous étaient la. Ceux qui portaient des filets dirent :
- Vous autres, attendez, nous irons en avant. Nous tendrons des pièges. Cela fait, vous
entourerez toute la rivière. Vous enverrez alors quelqu'un nous avertir.
Un homme revint au village. Il alerta tous les enfants.
- Eh ! vous autres, enfants, allez a l'eau. Les anciens y sont déjà.
Tous réunis, ils descendirent puiser de l'eau. Leurs cruches remplies, ils s'apprêtaient
a partir, quand la fillette qui les accompagnait, les supplia encore une fois de l'attendre.
- C'est ton affaire ! Qu'y a-t-il ?
Elle insista :
- Attendez-moi camarades
Ils refusèrent et ils partirent. Elle demeura seule.
- Ha ! gémit-elle, si mon ainée était ici, elle m'aiderait a sortir de l'eau.
De nouveau elle entendit en amont de la rivière :
- Tsobota ! tsobota ! L'ainée se montra.
- Qu'attends-tu ici ? dit-elle.
- Ceux qui sont venus avec moi sont partis, sanglota la petite
- Puise de l'eau, je t'aiderais a sortir d'embarras.
Elle avait a peine puise de l'eau, que les hommes qui étaient caches non loin de la crièrent :
- Prenez-la !
La fillette tomba dans leur filet, et ils la prirent. Les génies alors apparurent :
- Vous l'avez reprise, c'est bon, mais qu'elle n'écrase plus la chikwangue, ni ne prépare
plus de viande. Que toujours elle se farde de rouge !
Tous remontèrent au village. Environ deux mois passèrent. Un matin, sa mère dit :
- Allons piler le manioc ! Voila si longtemps que tu es venue ici !
La fille répliqua :
- Mais ma mère, les génies me l'ont interdit. Je ne puis piler le manioc !
La femme ricana :
- Tais-toi, enfant, pile seulement
L'autre refusa encore. Mais comme la ménagère s'entêtait, la fille partit pour piler.
Pendant qu'elle pilait, l'eau lui monta jusqu'aux genoux.
- Mère l'eau monte !
- Tais-toi et pile !
- Mère, l'eau monte jusqu'aux hanches
- Pile, riposta la mère
- Mère, l'eau m'arrive a la poitrine !
  Même réponse
- Pile !
- Mère l'eau est arrivée a mon cou !
- Tais-toi tu mens, hurla la femme rageuse.
Alors la cadette poussa un cri :
- He ! maman, ma sœur Nkeenge a disparu !
- La femme accourut, elle aperçut une mare d'eau, tandis qu'une voix se fit entendre :
- Ha ! je n'étais qu'une menteuse ! ...
Et la mère pleura, et le père pleura, car leur enfant était partie. Ils entonnèrent une
complainte :
- Eh ! feuilles de manioc, venez ! eh ! viens, habillez-vous, maman a l'étang de rivière
Mimbungu !
L'enfant partit, ils ne la reprirent plus. Elle était partie pour de bon. La mère pleura.
Elle pleura longtemps. Elle prit le deuil avec son mari, et depuis ce jour la, elle ne
cessa de pleurer !
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