DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

mercredi 20 mai 2009

dicton

Le coq a un seul proprietaire, mais il chante pour tout le village.

Le roi et le serviteur

Il etait une fois un roi, qui desirait un serviteur fidele. Mais comment trouver celui qui
convenait le mieux.
Apres longue reflexion, il decida d'employer un stratageme.
Dans tout le royaume fut publie un edit :
"Le roi demande des ouvriers pour travailler dans le domaine royal".
Deux hommes se sont presentes, le roi les amena dans son jardin devant un puit et leur
dit :
- Voici un puit et voici un panier d'osier. Prenez chacun un seau et videz l'eau dans le
panier d'osier.
- Je reviendrai ce soir pour voir si le travail a ete bien fait.
Apres avoir dit cela, le roi s'en alla.
Les ouvriers etonnes se mirent a leur tache. Au bout de quelques heures, alors que la
chaleur devenait accablante, le premier ouvrier s'arreta, jeta le seau et dit :
- J'en ai assez, cette besogne est non seulement extenuante mais aussi ridicule. Nous
perdons notre temps a vouloir remplir un panier d'osier qui laisse passer l'eau.
- Quand on apprendra ce qui nous a ete demande de faire, et que l'on fait d'ailleurs
depuis ce matin, on nous traitera d'insense... Je m'en vais.
Son compagnon impassible ne repondit pas, il continua sa tache tout seul.
Quand le jour fit place a la nuit, et que le soleil se coucha a l'horizon le puit fut sec.
C'est alors que le roi apparut. Il regarda l'ouvrier tremper de sueur et constata que
le puit etait a sec. En regardant dans le panier, le roi voit une belle emeraude qui
y scintillait.
- Mon ami patient et obeissant, ton travail a porte ses fruits, j'ai retrouve mon bijou.
Ce panier etait destine a l'empecher de disparaitre dans la boue et de se perdre.
Le roi, tout joyeux presenta a toute la cour le nouveau serviteur fidele qu'il venait de
decouvrir. Il le remplit de cadeaux et de richesses. Ainsi quand le roi nous ordonne
quelque chose, obeissons tout simplement sans murmure ni discussions.

mardi 19 mai 2009

dicton

Si tu te tapes la tete contre une cruche et que ca sonne creux, n'en deduit pas forcement que c'est la cruche
qui est vide.

Na Zowa et Na Ngangu Zikitangila

Dans un village, vivait une femme avec ses deux fils. L'aine s'appelait Na Zowa (le sot). le
cadet Na Ngangu Zikitangila (le subtile).
Le cadet reussissait plus facilement en affaire que son frere aine, mais celui-ci etait dote
par la nature de qualites brillantes, sage et modeste. Plus le cadet etait arrogant, plus l'aine
attirait la sympathie des gens qui l'aimaient.
Le cadet humiliait et injuriait l'aine. Un jour le cadet declara :
- Pauvre idiot d'aine, tu ne possedes pas de betail, ni d'argent, ni d'amis, vaurien tu n'as que
des champs et ta tete sur les epaules. Moi, j'ai l'intelligence, je reussis, j'ai de l'argent
et des amis.
A ta mort qui te pleureras ? Qui t'enterrrera ? Moi, j'aurai des obseques somptueuses, je
ne manque de rien.
L'aine ecoutait ces insultes sans repondre. Il etait convaincu que le peu qu'il possedait lui
suffirait pour etre heureux.
Etre un tresor pour les siens, multiplier une belle descendance, c'etait a ses yeux le plus
doux bonheur a ses yeux.
Les annees passerent.
Un jour le cadet devenu beau jeune homme voulut se marier.
Dedaignant tout avis, il alla trouver les parents de la jeune fille qu'il voulait epouser
et dit :
- Votre fille me chauffe le coeur, je voudrais l'epouser.
- Les parents regarderent interloques et lui dirent :
- Nous nous reuniront avant de vous repondre.
Ils s'eloignerent et tinrent conseil, a l'issue duquel ils dirent :
- Comment ce jeune homme que nous ne connaissons pas, peut-il oser demander la main
de notre fille avec une telle desinvolture ?
Ses manieres sont insolites, son impertinences choque. Il doit d'abord donner des preuves
de maturite, de bonne entente avec les siens. Nous lui poserons un probleme qu'il ne
pourra resoudre seul.
L'accord conclu, ils rapporterent la decision au jeune homme. Et lui dirent :
- Tu epouseras notre fille, a condition que tu retournes chez toi tresser un coussinet de
fumee que tu nous rapporteras, quand tu voudras et tu pourras. Cette condition remplie,
nous te ferons grace de la dot.
Le garçon consentit et s'en retourna content. Arrive chez lui, il alluma um grand feu.
Il y jeta des feuilles vertes afin de provoquer une fumee compacte. Tous procedes pour
capter la fumee s'avererent inoperants. Il fit convoquer le conseil de famille dans l'absence
de l'aine, comme l'avait demande le cadet.
Celui-ci leur expliqua ses echecs successifs.
Les sages de la famille discernerent la un mystere lie au droit d'aine que le garçon avait
lese. Ils lui retournerent la difficulte en disant :
- Toutes tes demarches t'ont conduit a cette impasse. Nous ne pouvons rien faire pour toi.
Il ne te reste qu'une issue : Ton frere aine.
On leva la sceance, le cadet effondre, jeuna trois jours et trois nuits. Enfin, il se resolut
a affronter l'episode du supreme abaissement, il alla trouver son frere et dit :
J'ai un probleme et j'ai fait le tour des sages dans la region. Personne n'a pu le resoudre.
A toi mon frere, il m'a semble inutile de te le soumettre car tu n'es pas assez intelligent.
Seulement les anciens m'ont conseille de m'adresser a toi. Les beaux parents me
demande un coussinet de fumee en echange de leur fille que j'ai demande en mariage.
L'aine se recueillit profondement et soupira :
- A toi, l'intelligence incarnee, tu n'as pas pu dechiffrer cette enigme ?
Admets donc que tu n'es pas intelligent a tes heures. Personnes au monde n'a le monopole
de la science et de la sagesse.
Dans ma simplicite, je vais te tirer d'affaire. Seulement le noeud de ce mystere est vital.
Ma sagesse est liee tant que tu ne repareras pas l'affront que tu m 'as toujours inflige dans
mes droits sacres d'aine. Viens demain soir avec trois agnelets, trois noix de kola et trois
calebasses de vin de palme. Les torts une fois redresses, les ancetres m'inspireront la
solution a te transmettre.
Le cadet s'en alla le coeur leger, le pas alerte, la pensee tournee vers l'objet de ses
desirs : le mariage.
Le lendemain soir, le cadet se presenta chez son frere avec la triple amende, il
s'agenouilla et demanda pardon.
L'aine assit sur une peau de leopard, lui saisit la main, prononca la formule du pardon
et conclut :
- Sois heureux, sois fecond et reussis dans tes entreprises . Voici ce que tu repondras aux
beaux-parents qui attendent le coussinet de fumee.
"Le coussinet de fumee est fabrique. Envoyez-moi des gens le chercher. Mais qu'ils
n'arrivent ni le jour ni la nuit". Ainsi tu leur renverras la balle. Entendu ?... Bonne chance
que les ancetres t'accompagnent.
Le cadet fit tenir aux beaux- parents le discours inspire par le grand frere.
Lorsque ceux-ci recurent le message, ils furent emerveilles.

Experience passe science : l'aine c'est l'aine, deux avis valent mieux qu'un.



lundi 18 mai 2009

dicton

Toute naissance est la renaissance d'un ancetre.

La mort du chasseur Djikasa Djibi de sa femme Malu et de son fidele chien Luendu.

Un beau matin, Djikasa Djibi s'en alla en brousse en compagnie de son fidele chien Luendu.
Au bout de quelques heures de marche, il s'arreterent pour se reposer sous un vieux palmier.
Djikasa Djibi, regarda la cime du palmier et vit un regime de noix de palme et s'ecria :
- Quelle heureuse coincidence !
Djikasa Djibi ne pouvait resister, il noua rapidement un cordon d'ecorce d'arbre, s'arma d'une
longue machette tranchante et se mit a grimper au palmier.
Arriver au sommet, il commenca a couper le regime de noix de palme.
Par malheur sa machette lui echappa, Djikasa Djibi essoufle, lanca un regard triste en bas
et se vit deja abattu physiquement pour regagner a nouveau le sol.
Le chaseur ne savait se decider, soudain il murmura :
- Si mon chien Luendu avait une intelligence humaine, il pourrait me venir en aide.
- Inutile de descendre, ni de vous inquieter, maitre vous pouvez calmement tresser un long
cordon de palme et apres faites le trainer jusqu'a moi, j'y attacherai votre machette.
A ces mots, Djikasa Djibi tressa un long cordon qui frola le sol humide. Luendu fixa la
machette et Djikasa Djibi commenca a tirer jusqu'a saisir son arme.
Une fois en possession de son arme, il acheva son travail.
Pendant que le chasseur chargeait son regime de noix dans son panier, son compagnon
Luendu conscient d'avoir transgresser les lois du monde animal, pour avoir parler a
l'homme, ajouta :
Retenez maitre, j'ai trahi ma race ainsi que notre monde. Je sais combien cela vous
surprend de m'entendre parler en votre langue, cependant je vous demanderais de ne
pas le reveler aux hommes du village.
Dorenavant, vous aurez la faculte de comprendre le langage animal grace a moi.
Au village, lorsque nous serons assis devant la hutte, vous verrez une colonne de fourmis
que vous avez l'habitude de contempler tous les jours sans que cela ne vous touche.
- Cette fois-ci, il vous sera amusant de les ecouter parler entre elles. Aussi, je compte sur
votre parole de ne parler a personne de ce qui vient de ce passer.
L'homme ayant entendu et compris son fidele compagnon, jura de garder le secret. Peu
apres, Djikasa Djibi et son chien Luendu atteignirent le village. La femme de Djikasa
Djibi vint a leur rencontre.
Pendant que sa femme preparait l'huile, Djikasa Djibi s'affala sur une chaise et contemplait
une colonne de fourmis.
Soudain, il se mit a rire, il comprenait tout ce que les fourmis disaient entre elles.
Malu la femme s'approcha de son mari et lui demanda pourquoi riait-il sans arret.
Le chasseur repondit :
- Pour rien
La femme dit :
- Dis-moi pourquoi tu ris sans arret ?
L'homme observa une fois de plus la colonne de fourmis et se mit a rire de nouveau sans
reserve.
Croyant que son mari se moquait d'elle, Malu decida de faire venir tous les hommes du
village y compris le grand chef.
La foule curieuse se precipita devant la hutte.
Djikasa Djibi croisant le regard des villageois, se mit a rire.
Cependant, le rire n'etait pas occasionne par la presence de la foule, mais uniquement
parce que le chasseur s'interessait a ce que les chiens qui tenaient compagnie aux gens
disaient.
Le grand chef ne pouvant tolerer la continuite de cette comedie ordonna a Djikasa Djiba
de leur dire pourquoi il riait.
Djikasa Djiba refusa categoriquement. La foule se rua vers lui et dit :
- On ne peut jamais contester un ordre donner par le chef, tu offenses nos dieux et nos
ancetres.
Le chasseur leur exposa brievement les risques mortels qu'il encourait si il revelait la cause
reelle de son rire.
La foule n'en pouvant plus s'emporta et menaca le chasseur.
A quelques metres, Luendu agitait la queue en regardant les yeux de son maitre.
Avant de narrer le recit de l'histoire, Djikasa Djibi se tourna vers sa femme et lui dit :
- Tu tiens vraiment a ce que je raconte la verite, eh bien je vais vous la dire.
Le chasseur raconta son histoire. Apres son recit Djikasa Djibi et Luendu son chien
rendirent l'ame.
Devant ce spectacle inattendu, les villageois s'exclamerent :
- Cet homme et son chien etaient des sorciers et peut-etre Malu la femme de Djikasa
Djibi etait des leurs.
La foule se dirigea vers Malu et l'eloignerent a tout jamais du village.

Moralite de l'histoire : toute verite n'est pas toujours bonne a dire .