DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

lundi 29 juin 2009

L'histoire des hommes de "Nsama" originaire de chez les Boboma du Mai-Ndombe. Zone de Mushae

Mosiuru-Kousuru fut le premier homme de la terre.
Bobuke fut la première femme.
Issanzili était le génie du mal.
Mwa-Nga etait l'instaurateur du culte des morts.
Bouuazeti, le génie du deuxième ciel ou du ciel du tonnerre.
Izae-li-Bobona, le génie du premier ciel ou du ciel des nuages.

Mosiuru et Bobuke traversèrent le sixième ciel, puis le cinquième ciel, le quatrième,
le troisième, le deuxième et arrivèrent chez Izae-li-Bobona, au ciel des nuages.
  Obéissant tous deux aux ordres de "Nzami" le Dieu, ils voyagent aux lianes sacrées
que "Nzami" laissa descendre lentement et sans secousse vers Nsama la terre.
Ayant atteint Nsama, l'homme Mosiuru et la femme Bobuke y prirent pieds.
Ils se mirent debout et lâchèrent les lianes pour faire quelques pas.
Les lianes sacrées remontèrent vers le ciel.
Des leur retour Mosiuru et Bobuke furent étonnés de ne plus voir les lianes.
- Ou sont les lianes ?
- En chantant plaintivement :
- Bale Kon nge, boletumene bi mosia e.
(êtres d'en haut, envoyez-nous les lianes)
Mais leurs cris et lamentations ne furent sans doute pas entendus, car les lianes ne
  réapparurent point.
Sur ces faits, Muko Mbwa (le chien) qui les avait suivis a distance les appela.
- Pourquoi vous enfuir ? Nzami le Dieu n'a-t-il pas interdit aux animaux de vous faire du
mal. Restez donc auprès de nous et vivez comme nous.
Convaincu par ses paroles, l'homme et la femme revinrent sur leurs pas et s'installèrent
au milieu des bêtes.
Mukombwa (le chien), leur montra sa compagne Mousioro Nkoe et ses nombreux enfants,
leur declara :
- Si vous voulez être heureux, unissez-vous comme nous et procréez. Quand vous aurez
des enfants, vous vous aimerez a cause d'eux.
- Tu as raison, il faut que nous suivions ces conseils, nous pourrions ainsi vivre en paix.
Bobuke, la femme qui avait avec son homme suivi les conseils du chien, se trouva un
beau matin sur le sol douloureux de l'enfantement. C'était une petite fille.
Le père la prit par la tête, la mère par les pieds et en la berçant ils chantèrent :
- Mukombwa et Mousioro Nkoe, le chien et la chienne, n'ont pas mentis, nous avons
un enfant. Elle s'appelle Nsele Kau, fille.
Nzami le Dieu, crea alors un troisième être humain. Il l'envoya sur la terre estimant
que Nsele Kau la fille, devait a son tour avoir un homme.
Dans l'être humain que Nzami a crée, il mit Issanzili le génie.
Nzami dit :
- Tu es mon enfant, tu vas descendre sur Nsama, la terre pour y vivre en paix avec tes
  frères Mosiuru et Bobuke. Tu épouseras leur fille Nsele Kau. Prends aussi cette calebasse,
elle contient des présents. Va...
Le génie prit la bonne calebasse, et s'éloigna vers les trois lianes sacrées.
A son arrivée sur terre, il épousa Nsele Kau.
Le génie et Nsele Kau mirent au monde un fils.
Leur fils s'appela Moussie Mwa, petit Mwa.
Beaucoup de temps passa, Moussie Mwa, fils de Nsele Kau grandit, et d'autres enfants
naquirent.
Bobuke, la mère du clan vieillit, puis mourut.
L'ancienne coutume voulait que l'on se nourrissent de mais et de patates douces
temporairement en l'honneur de la morte.
Moussie Mwa, lui a l'étonnement de tous declara qu'il se contenterait de manioc.
- Bale mosia monge
- Banza balea, banza bale makala
- Ngo mozi tara mozi, kousi motfusi mumori.
(Les etres et les lianes d'en haut ; certains pleurent, certains mangent du manioc).
(Une seule mère, un seul pere, ici bas une seule tribu).
Moussie Mwa, quui les observaient de loin ne répondit pas.
Les jours ont passes, Mosiuru Kousuru, père du clan appela ses enfants et ses petits
enfants, il donna a chacun un couteau et leur demanda de couper des pilotis, des bambous,
des lianes et des feuilles. Avec tout cela, il apprit aux hommes a bâtir des huttes et
a aménager des villages.
Les cases et les villages terminées, Moussie Mwa dit au patriarche :
- Mets dans chacune des cases un hommes et deux épouses, ainsi le clan prospérera.
A ces paroles, le vieux Mosiuru comprit que son petit-fils était devenu le véritable chef
de ces gens, et qu'il etait temps de ceder la place. Il les rassembla a nouveau et leur
dit :
- Ma tache est terminée sur Nsama, la terre. Je vais partir pour un long voyage et je vous
- défends de me suivre ou de me chercher. Votre chef est maintenant Moussie Mwa,
- fils de ma fille ainée Nsele Kau.
- Je vous demande de travailler selon la loi qu'il vous imposera.
Apres ces paroles le jeune et nouveau chef dit :
- Dans trois jours, notre ancêtre aura disparu, dans neuf jours moi-meme je m'en irai.
Les hommes du village dirent :
- Ce n'est plus notre frere Moussie Mwa, c'est le génie Mwa Nga.
Trois jours plus tard, Mosiuru avait disparu, et la prédiction de Mwa Nga se trouva réalisée.
Personne ne douta de sa force.
Enfin le neuvième jour arriva.
Le jeune chef se mit au milieu du village et chanta a haute voix :
- Bale Konge izue boutumune me musi a eee....
- (Vous, êtres du ciel et d'en haut ; envoyez-moi les lianes eee...)
La foule se pressa autour de lui, d'autres disaient qu'il allait partir, d'autres qu'il
  était devenu fou.
Un violent craquement déchira l'air, et l'on vit les lianes sacrées se balancer aupres
de Mwa Nga.
D'un geste majestueux, il cria a ses frères :
- Je vous quitte.... écoutez maintenant quelle sera votre loi : Vous êtes les maitres
- de la terre, Nsama. Occuper les lieux qui vous semblerons bons, procréez, construisez
- au-dessus du sol des villages pour les vivants, et sur la terre des nécropoles pour les
- morts.
- Et voici quel sera le culte des morts : Le grand deuil s'appèlera "Moduma" s'il se
- se rapporte au chef, 'Mosaki" s'il se rapporte a un homme simple.
- Les hommes ne pourront manger du manioc, ni de viande ni arachide pendant le deuil
- vous observerez le régime alimentaire et la simplicité des vêtements.
- Les morts seront chaque fois enveloppes d'un linceul, vous travaillerez sans cesse pour
- vivre.
- Nous serons donc éternellement a la peine ?
- Non, car vous travaillerez trois jours, et le quatrième jour vous vous reposerez.
- Ce repos s'appelle "Nsano pika", ce jour-la, les êtres d'en haut travailleront pour vous.
- Ils prépareront les pluies et feront circuler les vents.
- Qu'est-ce que la pluie ?
- qu'est ce que les vents ?
- La pluie c'est l'eau du ciel "Nume". Jusqu'à présent elle n'est tombée qu'une seule fois
- quand aucun de vous n'était ne.
- Le vent , c'est le souffle de Dieu, que nul d'entre vous connait.
- Chaque fois que vos clans méconnaitront les lois ancestrales, Dieu vous punira par
- Nzali la foudre.
- Qu'est-ce que la foudre ?
- C'est le feu que Dieu n'avait jamais envoyé sur terre.
- Quand vous voudrez de la pluie, vous implorerez le génie Izae-li-bobona, maitre du
- du ciel des nuages.
- Quand vous voudrez écouter la foudre, vous supplierez Bomazebe le génie du ciel de
- tonnerre.
- Mwa Nga, Mwa Naga, ne pars pas, ne nous abandonne pas, nous avons besoin de toi.
- qui sera notre chef a présent, puisque tu t'en va ?
- C'est Nsele Ziuru car c'est votre aine.
A ce moment les lianes sacrées gémirent en se tendant et lentement Mwa Nga s'éleva
vers le ciel et les hommes chantèrent :
- Mwa o Nga ollee ko mazne ma botali ollee.... Olaka laka kobue olle
- (Mwa o Nga, tu vas donc mange au ciel, et nous revenir sur terre.
Alors le genie du ciel tout en montant chanta :
- Siki siki, mba nkuolo, laka a mba iude, kamu bandaka nkuolo.
- (Je suis devenu une pierre dure, une pierre de feu, je m'en vais. Aiguisez vos armes,
- prenez-y vos forces .)
Il était loin, ne répondit pas, les hommes s'estompaient peu a peu en chantant :
- Kelee nole kosieme izue o
- Kelee nde ; o.....Kelee nde.
- (Voyez-le la bas près de la fin du ciel... O voyez-le....)
Puis un immense silence s'appesantit sur la horde.





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