DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

dimanche 21 juin 2009

Le lion et le boa

Luebo Kasai-Occidental

Je n'ai qu'une seule passion : Les voyages. J'ai bourlingue sur toutes les mers du monde.
J'ai roule ma bosse sur tous les continents. Par une belle soiree, ce jours-la, je me trouvais
a Mouila quand un petit vieux m'accosta :
- Donne-moi 10 makuta, missie, et je te raconterais une histoire.
- Quelle histoire donc ?...
- Une histoire veritable dans la grande foret.
- Es-tu le seul depositaire ?
- Oui, missie, c'est un singe que j'avais capturer et apprivoiser qui me l'a racontee.
- Vas-y raconte moi ton histoire.
- Dix makuta d'abord, missie ...

La nuit etait dense et opaque. Du nord, une brise fraiche battait le dos des feuilles.
La lune glissait un oeil curieux entre les branches, et dans le grand ciel, des milliers de
lucioles d'or et d'argent emaillaient son sombre manteau.
Ba-Hula secoua le morbide manteau de terreau qui le couvrait.
Trop tot, il se recoucha aur son grabat de feuilles seches, gemissant de douleur contenue
et de rage. Il etait encore trop tot.
Je ne m'en aperçu pas immediatement, je dormais sous la taniere de Ba-Hula, mais
j'attendais cet instant, un peu parce ce que je suis l'ami de Ba-Hula, et surtout a cause
de ma curiosite legendaire.
Ba-Hula est un lion, un jeune animal bien sur, mais le maitre quand meme de toute
la foret. Ba-Hula porte grand orgueil et grande fierte de l'amour qu'on lui voue.
Cet orgueil deteint un peu sur moi, qui suis l'ami de tous les animaux de la foret.
De branche en branche, de rameau en ramille, les doigts effiles de la lune s'etaient
rassembles anxieux, ils attendaient le moment terrible de la grande decision.
LE SERMENT
- Ecoutez , "Lune", ecoutez, vous tous mes amis de la foret
Pas un bruit, pas un chant, pas un cri..... Seul un silence pesant.
Au moment de la floraison, Ba-Hula et son epouse mirent au monde de petits lions.
Mais l'epouse de Ba-Hula tomba entre les mains des chasseurs, les hommes.
- Vous tous, mes amis de la foret, savez quel malheur m'a frappe ensuite ....
Un jour en revenant de la chasse, je ne trouvais dans la taniere que des petits corps
froids, inanimes gisant l'un sur l'autre .... Nal-Dag le boa, les avait tues.
Le lion se tut, le vent se calma et les arbres resterent figes dans l'attente...
Nal-Dag a tue les fils de Ba-Hula, Nal-Dag a enfreint les lois de la foret. Nal-Dag les
a etouffes par pure haine, et non parce qu'il avait faim.
Vous etes tous mes freres de la foret, entendez ma voix. Ba-Hula hurle de vengeance
et dit :
- Je frapperai Nal-Dag a mort et sa peau sera un tapis devant ma couche.
LA CHASSE
A dater de ce jour, la guerre etait declaree entre Ba-Hula et Nal-Dag.
Lorsque l'un ou l'autre des deux rivaux passait a proximite des animaux, ceux-ci
baissaient instinctivement la voix. Ca ne pouvait plus durer longtemps.
Un jour les deux adversaires se rencontrerent. Leurs yeux lançaient des eclairs de rage.
- Te voici Nal-dag, l'heure des comptes a sonnee.
D'un bond prodigieux, Ba-Hula s'elança sur le boa, mais ce dernier, plus rapide se glissait
deja entre les arbres. La poursuite alors commença. Ba-Hula ecumait de rage, hurlait
de colere :
- Entendez-vous mes amis, Nal-Dag a fuit.
Nal-dag etait insaississable parmi les herbes et les taillis, mais dans son coeur il meditait
une attaque.
LE COMBAT
Un apres-midi un grand combat eut lieu.
Suspendu par la queue dans un arbre, j'aperçu en dessous de moi la masse de Nal-Dag
entortille en miles spires autour d'un arbre surplombant le sentier. Le lion s'approchait
doucement de son pas cadence, Nal-Dag leva un instant la tete seulement.
Une seconde plus tard, Ba-Hula etait prisonnier du serpent.
Les deux animaux enlaces furieusement, roulerent sur le sol jusqu'au bord de la
riviere.
- Tu peux crier, te lamenter, Ba-Hula, et appeler tes amis a l'aide, je n'en reste pas
moins le plus fort.
- Je n'ai pas dit mon dernier mot Nal-Dag pas encore.
La ferocite des adversaires augmentait de seconde en seconde et le sol portait de
vilaine trace de combat.
Sur le bord de la riviere, les caimans attendaient l'issue de la lutte, qui d'ailleurs
ne durerait plus longtemps. Le pauvre Ba-Hula poussait des cris rauques, et a chaque
inspirations Nal-Dag resserait un peu plus son etreinte. Maintenant tous les nerfs du lion
etaient tendus, Ba-Hula gisait inerte entre les spirales du boa.
Alors Nal-Dag fierement leva la tete et dit :
- Je suis le vainqueur, amis de la foret.
Au meme instant, Ba-Hula enfonça ses dents dans le cou du boa.
Peu a peu les spires de Nal-Dag se relacherent, alors Ba-Hula reprenant son souffle rauqua :
- Non, amis de la foret, non Ba-Hula est le seul vainqueur, et la lune est temoin du
serment que j'ai prete.
La nuit est avec moi, siffla Nal-dag, tandis que sa queue battait rageusement au sol.
Vehement, Ba-Hula vocifera :
- Nal-Dag, je ne ferai pas un tapis de ta peau, tu ne merites pas cet honneur, tu ne verras
plus le le soleil, ni la lune, car je vais te crever les yeux de mes griffes.
- Tue-moi plutot !
- Non, tout le monde connait ta vergogne et nul n'ignore ta raillerie. Va maintenant
et ne te trouve jamais plus sur ma route.
Et Nal-Dag aveugle, s'esquiva vers la riviere. On raconte que jamais les caimans ne
le voulurent comme compagnon. Nal-Dag le serpent qui avait viole les lois de la
foret fut contraint a finir ses jours en compagnie des hors la loi.



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