DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

mercredi 24 juin 2009

Ilole

Ilole signifie : grand fort et bête.
C'est un mélange du réel et de l'irréel qui fait toute la saveur des contes.

En ces temps-la, après la grande bataille dite de Ndengese, tous les guerriers ramenaient
chez eux leurs otages et leurs butins. Ilole ne garda de tout qu'une canne a nfufu, après
cinq ans de guerre. Ce fut la son seul butin.
Un jour Ilole remarqua Mpesu la punaise, blottie quelque part dans sa canne a nfufu,
La colère aussitôt s'empara de lui. Il cria :
- Des la fin de la bataille, mes compagnons avaient des otages et des butins.
Quand a moi, je n'ai eu que cette canne a mfufu. Et jusqu'ici personne n'a ose la
toucher. Toi sale punaise, tu t'es réfugiée dedans. Tu me le paieras. Tu verras, foi
d'Ilole.
Mpesu la punaise, ne se le fut pas répéter. Elle s'enfuit en toute hâte pour échapper
a la colère d'Ilole.
Malheureusement pour Mpesu, une poule qui passa par-la, fonça sur elle, l'écrasa d'un
coup de bec et l'avala sans autre forme de procès. Tout se passa avec une telle rapidité
qu'Ilole n'avait même pas apaise sa colère. A la vue de ce qui s'était passe, Ilole ne
trouva rien d'autre a faire qu'en s'en prendre a la poule. Cette dernière se sentit
  talonnée et se sauva sur la toiture d'une case. Eh hop, elle était derrière celle-ci. Hop,
elle était dans la broussaille.
Mais le destin en décida autrement. La poule se trouva nez a nez avec Bomanga le
renard.
Depuis deux heures, Bomanga le renard guettait la volaille.
Et se fut trop beau pour lui. Il bondit sur sa victime et d'un coup frappa la poule
et se mit a la déchiqueter. Trop tard Ilole ! Fou de rage, il ajusta une flèche, tira sur
la corde de son arc de toute ses forces et .....Djing, Bomanga le renard s'affala sans
  mêmepousse un cri. Ilole apaise et content de lui-même, se mit a chanter :
- Moi Ilole, qui herita d'une canne a nfufu tsa tse-le tsa tse-le. Malheur a Mpesu qui en
fit sa demeure tsa tse-le tsa tse-le.
La poule la becqueta et la poule fut dévorée par Bomanga tsa tse-le tsa tse-le.
Donc je dépouillerai la peau pour orner mon bouclier tsa tse-le tsa tse-le.
Sur ce, il se mit a dépouiller le renard de sa fourrure.
En son fort intérieur, Ilole pensait. Des demain la peau sèchera au soleil. Ce soir la
bonne chair du renard lui servira de diner. En connaisseur, Ilole claqua sa langue
trois fois. Il se lécha les lèvres a la pensée de ce bon diner et reprit la route de sa
case.
Le lendemain matin, des que le soleil fut haut a l'horizon, Ilole mit la peau du renard
au soleil pour la sécher. Et s'en alla fumer sa pipe de bambou. Alors qu'Ilole se
reposait près du feu, surgit d'où on ne sait ou un grand chien jeune, couleur de paille.
Il fonça sur la peau exposée au soleil et disparut avec.
Ilole sursauta sur sa chaise comme si il venait de piétiner la tête d'un boa.
Heureusement, de ce chien, il en connaissait les maitres.
Il se leva et partit se présenter chez ce dernier.
Arrive, il se fit tout petit et dit :
- Cher ami, tu sais aussi bien que moi, que depuis la fin cette longue bataille inoubliable,
je n'ai eu que ma canne a nfufu. Mpesu la punaise en fit sa demeure, la poule la
  becqueta et fut a son tour dévorée par le renard dont je gardais la peau. Tout a
l'heure ton chien vient de se la régaler.
Aussi, pour ne pas tirer cet incident en longueur, je veux être dédommagé par un
moyen quelconque.
Le propriétaire du chien consentit et remis a Ilole un quartier de viande fraiche qu'il
venait de capturer avec le concours de son chien jaune couleur paille.
Ilole prit la viande et se retira en saluant ses voisins.
  Après quelques jours de marche, sans rencontrer âme qui vive, Ilole arriva dans un
village voisin au sien.
Il jugea bon de s'arrêter a la première case ou il vit une jeune femme allaiter un
  bébé d'environ deux mois.
La jeune femme se nourrissait d'escargots et de mille pattes.
Étonné, Ilole apprit que les habitants de ce village souffrait de la famine. Il leva la
main pour boucher ses narines car l'odeur était nauséabonde.
Pris de pitié, Ilole dit :
- Ecoute-moi jeune femme, j'ai avec moi quelques morceaux de viande. Je voudrais
bien te les remettre, mais a condition que tu les mange tous, sans laisser le moindre
petit os par terre. Compris ?
Cela est un principe pour moi.
La jeune femme acquiesça. Elle prépara avec soin la viande dans une marmite de
terre cuite. Elle mit du piment et du sel et plaça tout sur le feu. La viande était
bonne. La jeune femme mangea mais par mégarde une goutte déborda du vase.
Ilole furieux se leva et cria :
- N'as-tu jamais entendu parler de la bataille de Ndengese ?
Moi j'en sors, je n'avais qu 'une canne a mfufu, Mpesu en vit sa demeure, la poule la
becquetta et a son tour fut devoree par Bomanga le renard dont j'avais garder la peau.
Mais un chien jeune couleur paille s'en régala.
Et son maitre m'avait remis cette viande que tu jettes a terre.
Ah.... ça non ! C'est un sacrilège, je veux être dédommagé.
La jeune femme ne discuta pas, elle remit a Ilole un pot d'huile de palme.
Ilole le prit et continua sa route.
Arrive près d'une mare, Ilole trébucha, le pot fut casse et l'huile se répandit dans la boue.
Ilole se leva, raconta son histoire, injuria la mare et se tut.
Tout a coup comme par enchantement, l'endroit ou l'huile avait coule fut couvert de
champignons.
Ilole gouta, ils étaient de très bons gouts. Content, il se mit a en cueillir. Il en cueillit
tant qu'il voulu et se dirigea vers sa petite rivière qu'il vit tout près de la.
Ilole s'assit pers de la rivière, se pencha et avala quelques gorgées.
La faim lui tenaillant les entrailles, Ilole se mit a nettoyer ses champignons pour les
manger. Quand il s'aperçut qu'au fur et a mesure qu'il en nettoyait, la quantité de
champignons diminuait tant et si bien qu'il ne lui restait plus rien.
Ilole avait faim. Devant lui la foret vierge. Ilole se leva et s'enfonça dans la foret.
Fatigue, affame, Ilole tomba le visage contre la terre. Il n'avait plus de forces.
Soudain, une voix jaillit d'on ne sait ou et s'adressa a Ilole :
- Tu peux manger tout ce que tu veux ; quand tu auras fini, moi je te mangerai.
Ilole tremblait de peur et de froid au fond de cette foret.
Il avait entendu parler des Bidono, ces géants mangeurs d'hommes qui habitaient
la foret. Cette fois il était certain qu'il mourrait mange par un Bidono, peut-être deux
ou trois.
Combien y en avait-il ? Il se releva et distingua une sorte de créature, ni homme, ni
animal. C'était bien un Bidono. Un regard diabolique, une touffe de cheveux en
désordre, un grand bouche plantée dans un tourbillon de graisse rance.
Quel spectacle épouvantable. Ilole avec le peu de force qui lui restait dit en tremblant :
- Si tu me tues maintenant , tu n'auras que les os et la peau.
Mais en me laissant m'engraisse, tu auras une bonne chair a ta mesure.
Le Bidono répondit de sa grosse voix :
- Tu as bien dit, maintenant en route, marche devant.
Ils étaient a présent très loin de la rivière.
Un deuxième Bidono puis un troisième étaient venus se joindre au premier. L'un voulait
le cœur d'ilole, l'autre le cerveau, le troisième préférait les yeux. Le reste était
  réserve aux notables.
Pendant qu'ils discutaient Ilole leur dit :
- En attendant de me manger que l'un de vous aille avec ma gourde me chercher de l'eau
parce que j'ai soif, que le deuxième m'amène de grandes feuilles a manger parce que
j'ai faim, et que le troisième prépare le feu. La gourde d'Ilole etait trouée.
Tous les Bidonos poussèrent un grand cri en signe d'approbation.
Celui qui fut le premier a capturer Ilole partit chercher de l'eau, un autre les feuilles,
le troisième du bois pour le feu.
Celui qui était parti chercher de l'eau ne parvenait pas a remplir la gourde. il tardait
a revenir. Tous les Bidono un a un partirent voir ce qui se passait a la rivière.
Lorsque Ilole fut seul, il se leva, et oubliant sa fatigue, prit ses jambes a son cou et couru vers son village.
Des que les Bidono s'aperçurent qu'il y avait une brèche de part en part de la gourde,
 c était déjà trop tard car il ne retrouvèrent plus Ilole. Ainsi et jusqu'à ce jour, ils
 continuèrent a le chercher. Malheur a celui qui s'y fera prendre.





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