DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

jeudi 25 juin 2009

Celle qui ecouta et celle qui n'ecouta pas

Il était une fois un petit village au bord d'un grand fleuve.
La vie s'écoulait paisiblement et tous les habitants étaient heureux chacun dans ses
occupations.
Les hommes chassaient, les femmes cultivaient les champs et les enfants jouaient.
Un jour deux jeunes filles amies, du nom de Kalanga et Mbelu partirent ensemble
puiser de l'eau.
Elles avaient chacune les calebasses de leur mère.
Marchant, courant, bavardant et riant aux éclats comme savent le faire les jeunes filles
insouciantes et conscientes de leurs attributs féminins, elles arrivèrent au fleuve.
  Après s'être baignées, chacune alla puiser de l'eau pour rentrer au village.
Kalanga pour avoir de l'eau propre se dirigea vers un endroit ou le courant était assez
fort.
A peine avait-elle mis sa calebasse dans l'eau, le courant l'emporta laissant Kalanga
bouche bée.
Le premier mouvement de stupeur passe, Kalanga se mit a crier en pleurant :
- Au secours, au secours, ma calebasse, la calebasse de maman ! Que vais-je devenir ?
- Aidez-moi.
Mais plus elle criait, plus la calebasse s'éloignait emportée par le courant.
Les deux amies se mirent a suivre la calebasse en courant sur la rive.
Avec des longues branches, elles essayèrent de la ramener au rivage mais sans succès.
Ainsi la calebasse fut emportée par le fleuve et les deux amies rentrèrent au village.
Kalanga vivait chez une belle-mère. Voyant celle-la les mains vides, celle-ci de crier :
- Ou est l'eau espèce de paresseuse ?
- Hélas ! la calebasse a été emportée par le courant d'eau.
- Quelle calebasse ? ma calebasse ? c'est ce que j'ai toujours dit, malgré tes 14 ans....
- fille a parier, tu n'es qu'une bonne a rien, idiote.... Qui t'épouseras ? Tu n'as donc pas
- de force ? Tu ne pouvais pas la tenir plus fortement ? Et tu oses encore revenir ici
- sans ma calebasse tout de même.
- Va vite, retourne et ne reviens ici qu'avec ma calebasse ! Sinon gare a toi !
Le ton était sans réplique et les gestes en dire beaucoup.
Pauvre kalanga ! La calebasse était déjà loin, Kalanga supplia son amie de l'accompagnée,
mais celle-ci répondit :
- Mais c'est de la folie !... La calebasse est déjà loin et le fleuve est long. Le suivre
- serait dangereux. Ne compte pas sur moi. Ah non !
Triste, Kalanga s'en alla a la recherche de la calebasse.
Elle marcha longtemps, elle rencontra des pécheurs et leur demanda :
- N'avez-vous pas vu la calebasse de ma belle-mère ?
- Comment était-elle ?
- Elle était neuve, la calebasse de ma belle-mère.
- Ma petite nous n'avons rien vu. Tu la retrouveras en suivant le fleuve, mais attention,
c'est dangereux.
Kalanga passa, elle marcha longtemps encore. Fatiguée, mourant de faim, elle aperçu
devant elle une petite fumée qui montait vers le ciel.
Elle avança et aperçu une petite case.
Elle regarda mais personne n'y était. Comme elle avait faim elle entra en espérant
trouver quelque nourriture.
Elle vit alors un feu et derrière le feu dans un coin, une petite vieille ridée et pliée
sous le poids de l'age.
La vieille était sale. Kalanga eut envie de vomir. La vieille dit :
- Sois la bienvenue ma fille. Approche et n'aie pas peur, je suis une personne comme toi.
Kalanga écouta cette voix et s'approcha.
- Approche ma fille, raconte-moi ton histoire. Qui es-tu ? Ou vas-tu ? Et pourquoi faire ?
Kalanga raconta toute son histoire a la vieille bossue.
- Reste aujourd'hui avec moi et demain je te dirai ce qu'il faut faire.
- Vois ma maison, elle est sale.... et moi aussi, je voudrai bien tout nettoyer, mais je suis
- vieille et faible, je n'ai pas la force. Fais le pour moi.
- Surement, grand-mère répondit Kalanga, je le ferai.
Kalanga se mit a tout nettoyer, quand elle eut fini, elle regarda la vieille et dit :
- Maintenant a ton tour grand-mère.
- Tu as tout bien fait. Mais avant de me laver, il faudra me gratter. De la poussière que
- tu auras, tu en feras une pâte que tu jetteras au feu.
Kalanga s'exécuta et malgré sa répugnance, elle fit ce que lui demanda la vieille.
Quand elle eut fini, la vieille qui la regardait fixement lui demanda de préparer de
la viande rôtie avec ce qu'elle trouveras dans la hutte. Kalanga ne trouva que des
crapauds, serpents et des lézards.
Kalanga prépara, mangea puis se reposa.
Le lendemain, la vieille réveilla Kalanga et dit :
- Tu es une bonne enfant. Maintenant écoute ce que je te dirai, écoute les paroles
- d'une vieille.
- La ou tu te rends, tu trouveras un village, tu demanderas a voir le chef et tu lui
- raconteras ton histoire. Il te donnera a manger et a boire, mais tu ne toucheras a rien !
- Tu mangeras les restes de ce que nous avons mange hier. Prends ces restes et va
- en paix. Que les ancetres soient avec toi.
- Merci grand-mère, je ferai ce que tu viens de me dire.
Kalanga prit sa nourriture et s'en alla.
Elle marcha longtemps et trouva un village, elle demanda a voir le chef qui lui dit :
- Reste ma fille ta calebasse est ici. L'un de mes hommes la ramenée du fleuve. Tu l'auras
- mais reste encore avec nous. Nous te la rendrons demain.
Alors le chef du village fit réunir de la nourriture et la présenta a Kalanga.
On plaça deux enfants du village devant Kalanga qui lui dirent de manger. Kalanga sortit
son paquet et commença a manger les reste de la vieille.
Chaque fois qu'elle croquait un os, un des petits criait :
- Oh, elle croque un homme.
Chaque fois qu'elle coupait un morceau de sa nourriture, l'autre criait :
- Oh, elle coupe une femme.
Les femmes vinrent voir. Le repas était intact, elles enlevèrent le tout. Le chef félicita
alors Kalanga et dit :
- Tu n'es pas gourmande, reste et tu partiras demain.
A son réveil le lendemain, Kalanga fut surprise de voir deux servante devant elle.
Elles la lavèrent, lui mirent des parfums et des bijoux de pieds aux bras et dans les
cheveux.
- Sois heureuse toi, qui t'es dépensée et qui a su écouter les paroles d'une vieille, voici
- ta récompense.
Alors vint un beau jeune homme qui la prit pour femme, il la comble de richesse et
de calebasses sans oublier la calebasse de la belle-mère. Des serviteurs les suivirent
sur le chemin du retour vers le village de kalanga.

Et si elle n'avait pas écouter la vieille ?

Ecoutez alors l'histoire de celle qui n'écouta pas la vieille.
En ce jour-la, quand Kalanga rentra au village mariée et bien mariée, comblée de richesse
et heureuse, son amie Mbelu, fut d'abords étonnée, puis jalouse. Les parents de Mbelu
ne tardèrent pas a apprendre la nouvelle qui secoua tout le village.
Jaloux de Kalanga, les parents de Mbelu s'en prirent a leur fille, celle-ci décida de
faire comme kalanga.
Elle prit la calebasse de sa mère, alla au fleuve et volontairement la laissa s'en aller
par le courant.
puis elle retourna au village en faisant semblant de pleurer.
Sa mère lui demanda pourquoi elle pleurait.
- Hélas, ma calebasse fut emportée par l'eau.
La mère de Mbelu pensa "Enfin, nous allons être riches"
Puis elle dit tout haut a sa fille de partir et de ne revenir qu'avec la calebasse.
Mbelu ne se le fit pas répéter deux fois. Elle partit a toute jambes, elle aperçu de la
fumée, elle trouva la petite case, elle vit la vieille.
La vieille lui parla comme elle l'avait fait avec Kalanga, Mbelu alors lui répondit :
- Quoi ? Moi nettoyer ta sale maison ! Moi te laver et te gratter le dos, quelle horreur !
- Vraiment en voila une petite bossue et bien effrontée.... Tu ne te regarde pas non ?
La vieille toute triste lui demanda de cuire la nourriture. Mbelu vit les serpents et
les lézards. Elle cria :
- Moi, manger de pareilles saletés ?
La vieille ne dit rien, elle invita seulement Mbelu a partager sa case pour la nuit
Le lendemain, elle conseilla Mbelu comme elle l'avait fait avec Kalanga, mais Mbelu
refusa la nourriture en ce bouchant le nez et en crachant a terre. Elle s'en alla en disant :
- Vieille bossue, je n'ai que faire de tes conseils, je suis a la recherche de ma richesse
et j'ai déjà assez perdu de temps avec toi.
Mbelu partit, elle marcha longtemps. En arrivant au village, elle vit le chef et lui
raconta l'histoire de la calebasse.
Le chef du village lui demanda d'attendre le lendemain. On porta a Mbelu de la
nourriture, deux enfants furent places pour voir Mbelu qui du reste avait très faim.
Elle se jeta sur la nourriture en se disant :
- Comme c'est bien !
Des qu'elle coupa le premier morceau de viande, le premier enfant cria :
- Aie ! elle mange une petite fille.
Quand Mbelu croqua un os, le deuxième enfant cria :
- Aie ! aie ! elle croque un homme.
Aussitôt, Mbelu fut envahie par des femmes qui lui arrachèrent le tout en l'injuriant.
Le lendemain matin en sortant de son lit, deux servants la prirent, au lieu de parfums,
elles lui versèrent des saletés, au lieu des robes, elles la vêtirent de torchons.
Alors le chef du village l'appela et lui donna un mari nain et boiteux, il lui donna aussi des
malles, des malles a ouvrir chez elle au village. Ainsi elle fut ordonne de partir. Quand
elle arriva au milieu du village, tout le monde se mit a rire, arrivée dans la case Mbelu
ouvrit les malles en présence de son mari et de ses parents.
Il en sortit des fourmillers et des serpents.
Ainsi ce termine l'histoire, non sans nous enseigner, jeunes gens et jeunes filles, de ne
jamais mépriser les vieillards.




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