DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

lundi 18 mai 2009

La mort du chasseur Djikasa Djibi de sa femme Malu et de son fidele chien Luendu.

Un beau matin, Djikasa Djibi s'en alla en brousse en compagnie de son fidele chien Luendu.
Au bout de quelques heures de marche, il s'arreterent pour se reposer sous un vieux palmier.
Djikasa Djibi, regarda la cime du palmier et vit un regime de noix de palme et s'ecria :
- Quelle heureuse coincidence !
Djikasa Djibi ne pouvait resister, il noua rapidement un cordon d'ecorce d'arbre, s'arma d'une
longue machette tranchante et se mit a grimper au palmier.
Arriver au sommet, il commenca a couper le regime de noix de palme.
Par malheur sa machette lui echappa, Djikasa Djibi essoufle, lanca un regard triste en bas
et se vit deja abattu physiquement pour regagner a nouveau le sol.
Le chaseur ne savait se decider, soudain il murmura :
- Si mon chien Luendu avait une intelligence humaine, il pourrait me venir en aide.
- Inutile de descendre, ni de vous inquieter, maitre vous pouvez calmement tresser un long
cordon de palme et apres faites le trainer jusqu'a moi, j'y attacherai votre machette.
A ces mots, Djikasa Djibi tressa un long cordon qui frola le sol humide. Luendu fixa la
machette et Djikasa Djibi commenca a tirer jusqu'a saisir son arme.
Une fois en possession de son arme, il acheva son travail.
Pendant que le chasseur chargeait son regime de noix dans son panier, son compagnon
Luendu conscient d'avoir transgresser les lois du monde animal, pour avoir parler a
l'homme, ajouta :
Retenez maitre, j'ai trahi ma race ainsi que notre monde. Je sais combien cela vous
surprend de m'entendre parler en votre langue, cependant je vous demanderais de ne
pas le reveler aux hommes du village.
Dorenavant, vous aurez la faculte de comprendre le langage animal grace a moi.
Au village, lorsque nous serons assis devant la hutte, vous verrez une colonne de fourmis
que vous avez l'habitude de contempler tous les jours sans que cela ne vous touche.
- Cette fois-ci, il vous sera amusant de les ecouter parler entre elles. Aussi, je compte sur
votre parole de ne parler a personne de ce qui vient de ce passer.
L'homme ayant entendu et compris son fidele compagnon, jura de garder le secret. Peu
apres, Djikasa Djibi et son chien Luendu atteignirent le village. La femme de Djikasa
Djibi vint a leur rencontre.
Pendant que sa femme preparait l'huile, Djikasa Djibi s'affala sur une chaise et contemplait
une colonne de fourmis.
Soudain, il se mit a rire, il comprenait tout ce que les fourmis disaient entre elles.
Malu la femme s'approcha de son mari et lui demanda pourquoi riait-il sans arret.
Le chasseur repondit :
- Pour rien
La femme dit :
- Dis-moi pourquoi tu ris sans arret ?
L'homme observa une fois de plus la colonne de fourmis et se mit a rire de nouveau sans
reserve.
Croyant que son mari se moquait d'elle, Malu decida de faire venir tous les hommes du
village y compris le grand chef.
La foule curieuse se precipita devant la hutte.
Djikasa Djibi croisant le regard des villageois, se mit a rire.
Cependant, le rire n'etait pas occasionne par la presence de la foule, mais uniquement
parce que le chasseur s'interessait a ce que les chiens qui tenaient compagnie aux gens
disaient.
Le grand chef ne pouvant tolerer la continuite de cette comedie ordonna a Djikasa Djiba
de leur dire pourquoi il riait.
Djikasa Djiba refusa categoriquement. La foule se rua vers lui et dit :
- On ne peut jamais contester un ordre donner par le chef, tu offenses nos dieux et nos
ancetres.
Le chasseur leur exposa brievement les risques mortels qu'il encourait si il revelait la cause
reelle de son rire.
La foule n'en pouvant plus s'emporta et menaca le chasseur.
A quelques metres, Luendu agitait la queue en regardant les yeux de son maitre.
Avant de narrer le recit de l'histoire, Djikasa Djibi se tourna vers sa femme et lui dit :
- Tu tiens vraiment a ce que je raconte la verite, eh bien je vais vous la dire.
Le chasseur raconta son histoire. Apres son recit Djikasa Djibi et Luendu son chien
rendirent l'ame.
Devant ce spectacle inattendu, les villageois s'exclamerent :
- Cet homme et son chien etaient des sorciers et peut-etre Malu la femme de Djikasa
Djibi etait des leurs.
La foule se dirigea vers Malu et l'eloignerent a tout jamais du village.

Moralite de l'histoire : toute verite n'est pas toujours bonne a dire .


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